Les médecins urgentistes en grève depuis un mois à Brest
Le 29 novembre dernier, les médecins urgentistes du CHU de Brest (29) entamaient leur troisième semaine de grève pour dénoncer le manque d’effectif et une « organisation ubuesque » du maillage sanitaire territorial, ont-ils indiqué à l’AFP.
« Démotivés et humainement à bout. » C’est en ces termes que l’un des médecins négociateurs, qui a souhaité rester anonyme, dépeint le sentiment de ses collègues brestois. L’élément déclencheur ? Un protocole signé fin octobre prévoyant le retour « à court terme » de deux urgentistes « 24h/24 » à l’hôpital de Carhaix, dans le Finistère (29). Depuis cet été, les habitants comme les élus dénoncent l’accès régulé aux urgences de l’hôpital, faute de personnel.
Pour les médecins, ce « plan d’action imposé » s’est fait au « détriment de certaines lignes de soins critiques » du CHU de Brest, amenant parfois à avoir « un seul praticien urgentiste en régulation médicale du SAMU pendant plusieurs heures » pour « tout le département ».
« La dégradation de l’offre de soin sur ce territoire sanitaire est superposable à celle que nous subissons partout ailleurs suite aux politiques menées depuis plusieurs décennies basées sur un rationnement organisé et piloté de l’offre de soin », a commenté Jean-François Cibien, président de l’intersyndicale action praticien hôpital (APH).
Pour l’heure, les négociations sont au point mort. Les médecins dénoncent le manque d’interlocuteurs et de décisions politiques.